Contraception masculine : comment en parler avec les ados ?

Parler de sexualité avec des adolescents, ce n’est pas évident pour tout le monde. Alors parler de contraception masculine avec son grand garçon… ça peut devenir franchement compliqué, surtout quand on est soi-même pas vraiment expert du sujet. Pourtant, chaque génération est différente et il est possible que vos enfants en sachent plus que vous ne le pensez… Dans cet article, nous allons tester différentes stratégies pour aborder sereinement la question de la sexualité et de la contraception avec vos adolescents. Quel est leur niveau d’information ? Comment trouver des livres ou des vidéos qui parlent de sexe sans se prendre la tête ? Est-il judicieux d’évoquer la contraception masculine avec les garçons ? Accrochez bien vos yeux, c’est parti !

 

Mon bébé, aujourd’hui je vais t’expliquer comment ne pas faire de bébé !

 

Il y a probablement un certain nombre de phrases vraiment ridicules à éviter de prononcer devant des adolescents. Si vos enfants ne vous posent jamais de questions et que vous parlez rarement de sexe devant eux, l’approche risque d’être délicate. Les phrases à éviter sont en général de ce type (avec de l’humour, cela dit, tout passe) :

  • Steven ! Il faut qu’on parle d’homme à homme !
  • Mon bébé ? Maman voudrait parler d’une chose importante avec toi !
  • Tu vas voir ta copine ? Tu vas pas nous ramener des maladies vénériennes à la maison ! Prend des préservatifs !
  • Ton père et moi, quand on était jeunes, on ne savais rien du sexe, la première fois qu’on a fait l’amour…

Dans l’idéal, il est préférable de parler de sexualité avec vos enfants avant la puberté. Ils seront habitués à considérer cela comme une chose naturelle et seront moins gênés de venir vous parler lorsqu’ils seront confrontés à ces questions. Quoi qu’il en soit, vous aller devoir en parler avec eux, c’est votre rôle de parent : laisser vos enfants dans l’ignorance c’est prendre le risque de devoir gérer une grossesse précoce non désirée. Donc autant trouver la meilleure façon de poser le sujet de la contraception sur la table le plus tôt possible.

 

Et s’ils en savaient plus que moi ?

 

Évidemment, vous en savez beaucoup plus sur la sexualité que vos adolescents. Qu’ils aient déjà une vie sexuelle ou qu’il jouent encore aux jeux vidéos (les deux sont également possible), ils ne sont pas vierges de conceptions et d’idées sur le sexe, les pratiques sexuelles et les relations, mais ils découvrent encore.

Ce qui est sûr, c’est qu’il n’appartiennent pas à la même génération que vous et ont par conséquent d’autres références culturelle. Donc, avant de faire l’adulte qui sait tout et qui va leur dire quoi penser, il est préférable de s’intéresser un peu à la musique qu’ils écoutent (faites bien attention aux paroles), à leurs films culte, aux réseaux sociaux qu’ils fréquentent, etc. Il est certain qu’il vous cacheront des choses. Ne jouez pas les espions. Et si vous ne vous êtes jamais vraiment intéressé à leur environnement culturel, ils risquent de se méfier de votre approche… Mais cette tactique permet de vous rapprocher d’eux et de leur montrer que vous êtes à l’écoute.

Pour vous donner un exemple concret, si vous lui faites remarquer que dans les paroles des chansons qu’il écoute le chanteur parle de sa copine comme d’une prostituée et qu’il vous répond « Ouais c’est une bitch ! », alors vous saurez que le travail va être long et compliqué mais nécessaire.

 

Les règles de base pour parler de sexualité avec son adolescent

 

Même si les parents sont rarement la première source d’information sur la sexualité, montrer à vos enfants que vous êtes un interlocuteur fiable en cas de problème est essentiel.

 

Ne pas lui faire la morale

 

Si vous associez la sexualité à une faute ou un mauvais moment, il y a peu de chances que vos enfants vous identifient comme une personne de confiance. Vous risquez de leur faire passer l’envie de revenir vous parler. Un jeune qui a des comportements sexuels à risque est probablement un enfant qui n’a pas eu connaissance des limites. Avant de rejeter la faute sur lui, demandez-vous si vous l’avez correctement informé.

 

Ne lui racontez pas votre vie

 

S’il y a une chose qui peut mettre un adolescent mal-à-l’aise, c’est bien d’imaginer ses parents pendant l’acte sexuel. Évitez de lui raconter trop de choses intimes vous concernant. Donnez plutôt des exemples, sans nommer les gens, ou parlez lui des personnages de séries ou de situations banales vécues par des personnes lambda.

 

Vérifiez ses connaissances en matière de sexualité

 

Au lieu de lui bourrer les oreilles de recommandations, posez lui plutôt des questions (pas trop indiscrètes de préférences) : qu’est-ce qu’il sait de la sexualité ? Qu’est-ce qu’il ferait dans telle situation ? Est-ce qu’il connaît les différents contraceptifs disponibles ? Comment est-il informé sur les maladies sexuellement transmissibles et les infections ? Le but de la manœuvre est de savoir s’il est autonome ou s’il a besoin d’informations. Vous serez également rassuré si vous savez sur qui il peut compter pour avoir des informations supplémentaires.

 

Lui proposer de choisir un interlocuteur de confiance

 

Si vous sentez que vous n’êtes pas l’interlocuteur idéal, assurez-vous qu’il saura trouver rapidement les informations dont il a besoin : infirmière scolaire, professeurs, amis, frères et sœurs plus âgés, oncle ou tante branché, etc.

 

Mettre des livres, des vidéos, des sites internet à sa disposition

De très bons documents ont été écrit par des médecins ou des spécialistes de la prévention en matière de sexualité. Mettez certains des livres suivants à sa disposition : il pourra les consulter seul et s’informer à son rythme. Pour les plus jeunes, Le guide du zizi sexuel est une référence pour défricher toutes ces questions délicates avec humour.

Faites une petite sélection de vidéos Youtube, certaines sont très bien faites. Par exemple, la vidéo suivante explore les rituels de passage de l’adolescence, le rapport au corps, notamment pour les garçons :

 

Quelle contraception masculine pour un ado ?

 

La contraception pour les filles, au début, c’est souvent la galère. Elles mettent du temps à trouver celle qui leur convient et à prendre les bonnes habitudes qui permettent d’avoir une bonne efficacité contraceptive. Seulement 38% des filles sont sous contraceptif lors de leurs premiers rapports sexuels. Les autorités médicales recommandent donc une double protection : préservatif et pilule. En effet, la grossesse involontaire n’est pas le seul problème que peuvent rencontrer les adolescents : ils existe également des maladies et les infections sexuellement transmissibles.

 

Apprendre à bien utiliser un préservatif

 

Le préservatif est considéré comme le seul moyen de contraception masculine depuis des décennies, il est donc l’outil de base à fournir à vos adolescents. Mais il est indispensable de leur donner le mode d’emploi avec : une mauvaise utilisation des préservatifs est à l’origine de nombreuses grossesses non désirées… Ce fameux problème de la capote qui a craqué…

On ne le répètera jamais assez, un préservatif s’utilise de préférence avec un lubrifiant et il est important de bien chasser l’air avant de le dérouler jusqu’à la base du pénis. Toutes ces informations sont disponibles sur les notices contenues dans les boites de préservatifs.

Tous les préservatifs ne se valent pas ! N’hésitez pas à encourager votre jeune à les utiliser en lui achetant des préservatifs de bonne qualité et confortables. Il existe des boites « ludiques » avec des parfums et des textures intéressants… Laissez-lui le choix de les utiliser.

 

Quels autres moyens de contraception sont disponibles pour les garçons ?

 

Si depuis 50 ans la contraception est avant tout une affaire de femmes, les choses sont aujourd’hui en train d’évoluer : la contraception masculine est devenue une alternative envisageable pour les hommes sexuellement actifs de demain. De nombreuses méthodes contraceptives existent désormais pour les hommes.

Si la vasectomie n’est pas adapté pour un jeune homme, la pilule masculine ou les injections contraceptives sont en cours d’expérimentation : autant informer les ados de ce que l’avenir leur prépare ! Et parmi les méthodes contraceptives naturelles, les jeunes seront peut-être plus curieux que les adultes pour découvrir des méthodes alternatives et innovantes. Permettre à votre garçon d’être un homme informé et responsable en matière de contraception, c’est un beau cadeau pour plus d’égalité entre les hommes et les femmes.

Un garçon se maquille et c’est la panique

Le 18 février 2019, un lundi matin, Alexis se maquille sobrement et chausse ses talons. Élève en première Littéraire du Lycée Bellevue d’Albi, dans le Tarn, Alexis se doutait-il de la réaction démesurée de sa conseillère d’éducation et des réactions en chaîne dans les médias et les réseaux sociaux ? « Des gars qui se maquillent, ça fait rire les passants » mais faut-il voir rouge (à lèvre) ?

 

Les armes du crime : talons et maquillage

 

Interrogé par France Bleue Occitanie, le jeune homme a déclaré très calmement : « On est dans une société qui change, où les codes se renversent. Et il faut s’assumer. Les hommes ont le droit de se maquiller. C’est un accessoire. C’est de l’art. Je ne vois pas où est le problème.»

Et pourtant, les institutions ne favorisent pas l’évolution des mœurs et l’égalité homme-femme. Les garçons n’ont implicitement pas le droit de venir à l’école en jupe. Vous ne me croyez pas ? Essayez donc ! Je parie que le professeur vous contactera rapidement, au motif que l’enfant est en danger psychique. La féminité est-elle une maladie contagieuse ?

Renverser les codes : le maquillage est subversif

 

Les femmes portent le pantalon depuis maintenant 100 ans, et ça ne s’est pas fait sans scandale. Les garçonnes, dans les années folles, ont adopté les codes de la masculinité : cheveux courts, cigarette et pantalon.

La mésaventure d’Alexis prouve bien qu’il y a un problème, une sorte de paradoxe. Les filles sont sur-féminisées, fardées de rose et de paillettes, et les garçons sont tenus à une sobriété extrême. Les seuls écart autorisés sont les costumes du super-héros, de policiers ou de pompiers. Village people et la communauté gay peut être fier de ses petits hommes… encore un paradoxe. De quoi avons nous peur ?

Un paradoxe encore : alors que les femmes sont dites dominées et moins favorisées que les hommes par une société patriarcale, elles ont une très grande liberté vestimentaire que les hommes n’ont pas.

 

Pourquoi les hommes sont lents ?

 

En 2019, les hommes n’ont toujours pas envie d’adopter les codes féminins : ce sont les jeunes hommes qui s’en chargent. Certains n’ont plus peur et trouvent le fait de se maquiller et de porter des vêtements habituellement réservé aux femmes tout à fait normal.

Interrogée par Les Inrockuptibles, Virginie Despentes, auteure de King Kong Théorie, déclare : «Moi j’ai l’impression que les mecs sont vachement lents sur des trucs extrêmement simples : ils sont extrêmement lents à porter des jupes, extrêmement lents à se maquiller, extrêmement lents à se vernir les ongles, extrêmement lents quand ils sont beaux à se servir de leur corps, exception faite des milieux queer (…). Je les trouve extrêmement lents à s’emparer de sujets qui les concernent directement et qui pourraient les concerner exclusivement, comme le viol. Comme quand il y a Nuit debout et qu’on commence à entendre que beaucoup de jeunes filles qui restent la nuit se plaignent de mains au cul (…), ça me surprend que le lendemain les mecs n’éprouvent pas le besoin de se rassembler immédiatement pour dire : qu’est ce qu’on fait ? (…) Je trouve les mecs extrêmement lents à s’emparer de la question de la masculinité (…). A chaque fois qu’un mec viole, ça les concerne tous, au sens ou c’est leur virilité qui s’assoit là-dessus. Quand ils se trimbalent en ville en maîtres du monde, c’est sur le travail des violeurs qu’il s’appuient.»

Un lourd passif contre les hommes non-virils

Il faut préciser à la décharge des hommes un peu frileux que l’homosexualité était un crime passible du bûcher jusqu’en 1791. Aux USA, Alan Turing (un des créateurs de l’informatique tel que nous le connaissons aujourd’hui) a été condamné en 1952 à la castration chimique pour son homosexualité. L’homosexualité est encore réprimée aujourd’hui. Des hommes sont assassinés chaque jour pour leurs choix en matière de sexualité.

 

En quoi les codes de la féminité sont dangereux pour les hommes ? D’où vient ce mépris de la féminité ? Car des hommes qui se maquillent, il y en a beaucoup : les stars du rock et de la pop usent et abusent des artifices du make’up depuis un demi-siècle. Iggy pop nous donne un élément de réponse : « Je n’ai pas honte à m’habiller comme une femme car je trouve qu’il n’y a pas de honte à être une femme. » CQFD

 

Pour répondre à ces questions, certains écrivent des livres, font des recherches. D’autres prennent le risque de transformer nos habitudes. C’est le cas d’Alexis.

 

Des réactions violentes pleines de haine et de mépris

 

Alexis a été massivement soutenu par ses camarades et sur les réseaux sociaux. Pourtant, de nombreux commentaires haineux sont librement véhiculés sur la toile. Alors, un petit message à tous ceux qui croient détenir la vérité : laissons chacun faire ce qui lui plaît tant que ça ne met en danger personne d’autre. En quoi un garçon qui se maquille peut blesser quelqu’un ? À moins d’être soi-même d’une fragilité très peu virile ?