Que se passe-t-il dans le cerveau lors d’une rupture amoureuse ?

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La rupture amoureuse est souvent très douloureuse, et la personne qui vient de se faire quitter est bien souvent en état de choc, entre la dépression et le deuil. Pourtant, la plupart du temps, le temps estompera la douleur et ce moment de confusion sera vite oublié, d’autant plus sûrement qu’une nouvelle amourette aura fait sa place au creux de votre cerveau. Quels sont les réactions chimique cérébrales en jeu dans la rupture amoureuse ? Quels mécanismes permettent de nous sortir de la tristesse ? Vous êtes prêt pour un petit voyage au cœur du centre des pensées ?

Quand les scientifiques étudient le chagrin d’amour…

Des scientifiques américains ont récemment étudié les mécanismes à l’œuvre lors des grandes émotions amoureuses. Les résultats de leurs recherches, publiés en mars 2019 dans la revue Review of General Psychology attestent qu’une histoire d’amour est vécue par le cerveau comme l’effet de certaines drogues. La rupture crée un effet de manque qui peut être très violent. Pourtant, ces chercheurs établissent également que le cerveau est câblé pour rapidement passer à autre chose. Comment utiliser cette capacité de notre corps à tourner la page ?

Et si l’amour était une drogue ?

Si l’amour est une drogue, l’état amoureux est une addiction. Cette façon de présenter les choses éclaire enfin ces comportements complètement borderline que nous avons parfois dans les meilleurs et les pires moments des relations amoureuses.

Mais examinons les faits qui sont à la base de cette théorie… En effet, dans un état amoureux, une addiction se met en place dans le cerveau.  Les circuits neuronaux impliqués dans l’addiction aux drogues dures sont exactement les mêmes que ceux qui s’activent dans une histoire d’amour.

Ce phénomène se ressent lorsque vous avez besoin de voir votre partenaire en permanence, que vous êtes obsédé par sa présence et qu’il vous manque terriblement : vous ressentez un léger état de manque qui deviendra très violent en cas de sevrage brutal… C’est le cas lorsque vous vous faites plaquer du jour au lendemain…

Les molécules de la passion amoureuse

L’amour… en Français, il n’existe qu’un seul mot pour différentes sortes d’amour. Amour maternel, amour mystique, amour passionnel, amour de la musique, etc. Pourtant ces différentes façons d’aimer, si elles ont un tronc commun, se ressentent bien différemment dans votre corps et votre esprit… C’est en partie du au fait que différentes molécules sont produites dans différentes situation.

La dopamine

La dopamine, d’abord, est réputée être la molécule de la passion amoureuse par excellence. Pourtant, elle n’est pas directement en lien avec la passion ou le plaisir à proprement parler. Habituellement, la dopamine est impliquée dans les systèmes de récompense. Elle est surtout présente dans les zones du cerveau qui gèrent notamment la motivation.

En ce qui concerne la sphère amoureuse, on considère que la dopamine est libérée en réponse à des bonnes surprises, comme par exemple voir ou entendre l’être aimé.

L’ocytocine

L’ocytocine est une molécule intimement liée à l’attachement et à la maternité. Prenons les choses dans l’ordre : lors d’un rapport sexuel, elle est massivement libérée chez la femme au moment de l’orgasme, elle est responsable notamment des contraction de l’utérus et de ce sentiment d’amour absolu après avoir joui… Les hommes en produisent également à ce moment là.

Ensuite, lors de l’accouchement, elle est produite en masse par le corps et permet alors des contractions intenses pour expulser l’enfant hors de l’utérus. Enfin, l’allaitement favorise encore la fabrication d’ocytocine, qui favorise alors l’attachement au bébé ainsi que l’expulsion du placenta

La vasopressine

La vasopressine contribue également aux liens sociaux en général et aux liens amoureux en particulier. Comme l’ocytocine, elle contribue aux comportements de fidélité et de promiscuité.

L’endorphine

Cette hormone n’est pas directement impliquée dans les processus amoureux. Elle est en quelque sorte un bénéfice secondaire. L’état amoureux, comme le sport et l’acte sexuel, produit des endorphines dont les effets sont de baisser le stress et réduire la douleur. Elles sont assimilables aux effets de l’opium, de la codéine ou la morphine.

La sérotonine

La sérotonine est un anti-dépresseur naturel. On la considère comme l’hormone du bonheur. Elle fait également partie des bénéfices secondaire d’une relation amoureuse. Et le meilleur moyen de ne pas entrer dans la dépendance au partenaire est de générer cette hormone par d’autres moyens.

Rupture amoureuse, syndrome de manque et sevrage

En cas de séparation, si l’être qui vous permettait d’obtenir votre dose de bien-être s’éloigne, le syndrome de manque devient palpable. Certains éprouvent le besoin irrépressible de rétablir le contact avec son ancien partenaire.

Les récepteurs à endorphine sont en attente et nous ressentons un état de souffrance. Les chercheurs s’accordent pour dire que surmonter une rupture revient à surmonter une addiction aux drogues dures. Pour tourner la page il convient donc de traiter la séparation comme un sevrage.

Notre cerveau est conçu pour surmonter une rupture : comment l’aider ?

 

Il existe des processus mentaux propres à la rupture amoureuse. Pour simplifier, ce sont les mêmes qui sont impliqués dans la rencontre, mais inversés. Les chercheurs, en comparant le deuil amoureux à l’état de manque, ont observé ce qui se passe dans la tête d’un cocaïnomane lorsqu’il cesse de prendre sa drogue.

Une question de patience

Les premiers jours de la séparation, les circuits de récompense sont toujours sollicités : vous éprouvez ce désir lancinant de recommencer les câlins et les bisous, comme si de rien n’était. C’est la raison pour laquelle certains n’ont de cesse de recontacter leur ancien partenaire, voir de le reconquérir son ex…

Mais ce que les chercheurs ont observé, grâce à l’imagerie cérébrale, c’est que ces circuits de récompense s’épuisent naturellement avec le temps, laissant davantage de place aux processus à l’œuvre dans d’autres zones du cerveau.

Le processus d’apprentissage d’abandon du partenaire, ou comment tourner la page

A partir du moment où l’amoureux rejeté comprend qu’il est inutile de poursuivre un amour mort, le cerveau entre naturellement dans un processus de détachement. Le cerveau cherche en principe ce qui est le plus avantageux pour l’individu et va réinvestir un autre système de récompense. En quelques semaines ou quelques mois, le cerveau va progressivement apprendre à abandonner l’ancien partenaire. Tourner la page devient concrètement accessible.

Les comportements à adopter pour accompagner le détachement

La première chose à faire est de se sortir la tête du contexte amoureux. Ne plus fréquenter les mêmes lieux, porter d’autres vêtements, changer les meubles de place, écouter un autre style musical, changer de routine, etc. Vous allez bientôt commencer une nouvelle vie de célibataire et créer de nouvelles habitudes.

Le cerveau, grâce à la plasticité neuronale, va en quelque sorte se reconstituer… comme un sentier qu’on ne fréquente plus se laisse recouvrir par les herbes, créez un nouveau sentier… Il vous faudra peut-être un peu défricher et marcher dans les herbes hautes, vous tromper de direction et vous perdre, mais à force, vous finirez par tracer un nouveau chemin… C’est exactement ce qui se passe dans vos circuits neuronaux.

 

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